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La naissance traditionnelle inuit Monique Pontault Chercheur indépendant © 2009
Parler naissance, c’est nécessairement aborder trois aspects :
Quelles que soient l’époque et le lieu, toute naissance est confrontée à ces trois aspects qui interfèrent et sont l’occasion de pratiques et de rites spécifiques à une société évoluant au cours de son histoire.
Les Inuit ne font pas exception. Voici un aperçu de la manière dont, traditionnellement, ils ont abordé cette première étape de la vie et de ce qu’il en est aujourd’hui.
Mais, auparavant, un petit rappel :
Les Inuit
Autrefois désignés sous l’appellation « Esquimaux », qui est en fait péjorative (selon une étymologie amérindienne, ce mot signifierait soit « mangeurs de viande crue », soit « ceux qui parlent la langue d’une terre étrangère »), les populations de l'Arctique, partageant la même culture et la même langue, avec des variantes, sont aujourd’hui appelées Inuit, (pl. de Inuk) qui est le terme dont elles se désignent au Canada. On trouve ces Inuit tout autour du cercle arctique sur un immense espace totalisant environ 15 000 kilomètres de côtes. Ils sont répartis sur quatre pays : les Etats-Unis (Alaska où ils s’auto-désigent Inupiat, Yupiit et Yupiget), le Canada (Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, Nunavik, Labrador), le Danemark (Groenland, où ils s’auto-désignent kalaallit) et la Fédération de Russie (Sibérie, avec également des Yupiit et des Yupiget). Tous ces termes veulent dire : « véritables êtres humains ». Le nombre d’inuit est estimé à 140 000/ 150 000.
Leurs ancêtres, les Paléoesquimaux (ou pré-Dorsétiens et Dorsétiens), étaient originaires de la côte sibérienne de la Tchoukotka. Ils auraient franchi le détroit de Béring lors de la dernière glaciation, il y a entre 8 000 et 5 000 ans, pour se répandre par petits groupes de l’Alaska au Groenland avant de laisser place, avec un décalage de presque quatre millénaires, entre le XIe et le XVe siècle de notre ère, aux Néoesquimaux (ou Thuléens) qui sont à l’origine de la culture dite de Thulé[1] commune à tous les Inuit actuels. [1] Thulé est l’ancien nom de la Scandinavie.
Les premiers contacts avec les occidentaux remontent au Xe siècle durant lequel les Inuit rencontrèrent les Vikings. Plus tard les contacts eurent lieu, successivement, avec les baleiniers européens (début du XVe siècle), avec les explorateurs qui cherchaient la route de l'Asie par le Nord, avec les pêcheurs de morue et les chasseurs de loup-marin anglais ou irlandais, basques espagnols, bretons, normands, portugais, (XVIe et XVIIe siècles). Au XVIIIe siècle, des contacts réguliers s’établirent avec les Russes en Alaska et dans les îles aléoutiennes. Le commerce de la fourrure s’intensifia, amenant les Inuit à adopter le fusil. Arrivèrent en même temps, au Groenland, au Labrador, au Canada et en Alaska des missionnaires qui, à la fin du XIXe siècle, inventèrent, pour transcrire l’inuktitut, un syllabaire sur le modèle de la sténographie.
Qaniujaaqpait, le syllabaire inuit (cliquer sur ce lien)
Croyances concernant la procréation
A l’arrivée des Européens, les Inuit pratiquaient le chamanisme (angakkuniq), considéré comme la plus ancienne religion du monde et qui se caractérise par le culte de la nature, la croyance aux esprits, le procédé du rêve et la pratique de la transe à des fins divinatoires ou thérapeutiques.
Dans la spiritualité inuit – qui perdure - tout ce qui vit possède l’inua (énergie vitale). Cette force provient de Sila qui désigne à la fois l’atmosphère, la raison, l’intelligence. C’est un principe cosmique, l’esprit du temps et de l’univers. - Hommes, animaux, plantes appartiennent à un même cercle de vie dont tous les points sont interdépendants. Aux quatre points cardinaux est également assignée une fonction symbolique importante, chacun marquant une étape de la vie. Ainsi, l’orient préside à la naissance, le sud à l’enfance, l’occident à la maturité et le nord à la vieillesse.
A sa naissance chaque individu possède en outre :
- Une ame-double (tarniq) qui est sa miniature emprisonnée dans une bulle d’air (pudlaq) logée près de l’aine. Cette bulle renferme une petite quantité de l’air absorbé par le nouveau-né lors de son premier cri. Cet air est emprunté à Sila. - Une âme-nom (atiq) qui est l’âme d’un défunt réincarné.
Au moment de la mort, l’âme-double quitte la bulle et reprend la taille et l’apparence du défunt mais sans en avoir la consistance charnelle. Comme une ombre, elle erre autour de la sépulture jusqu’à ce que l’âme-nom trouve à se réincarner à nouveau. A ce moment-là, l’âme-double part rejoindre les autres âmes-doubles dans l’au-delà, pour l’éternité.
Chaque être humain a une durée de vie préétablie dont le terme est annoncé par des signes. Si un individu meurt avant le terme fixé, Si un individu meurt avant le terme fixé, il peut revenir pour achever le parcours prévu pour lui.
La naissance traditionnelle
La grossesse
La préparation à l’accouchement se faisait en respectant un certain nombre de règles et de tabous. Les rapports sexuels avec le père étaient considérés comme importants durant la grossesse car le sperme, qui avait déjà permis de boucher le col de l’utérus en empêchant le sang menstruel de s’écouler, était nécessaire pour former et consolider le fœtus. Les rapports sexuels avec d’autres hommes que le père, admis et même encouragés en d’autres temps étaient considérés comme néfastes au fœtus.
Au Nunavik, pour avoir une fille, les femmes devaient tourner le dos au rivage et s’en éloigner pour uriner. Pour avoir un garçon, au contraire, il leur fallait se rapprocher de la mer et lui faire face. Pour que la naissance se déroule vite et bien, il était conseillé à la future mère de se lever tôt le matin et de sortir aussitôt. Et à chaque fois qu’il lui fallait quitter l’iglou, elle devait ramper très vite dans le couloir en sortant comme en rentrant. L’accouchement Quand elle ressentait les premières douleurs, la femme devait dénouer ses cheveux et les lacets de des Kamiks (bottes) pour que le cordon ombilical ne se noue pas autour du cou de l’enfant. L’accouchement avait lieu dans une petite tente conçue à cet effet appelée Irnivik. Entouraient la femme, sa mère, ses sœurs ou belles-sœurs et l’accoucheuse qui était, en principe, une femme ménopausée. La parturiente se tenait tout d’abord accroupie, puis étendue sur le côté en remontant le genou de la jambe extérieure, enfin, elle s’agenouillait. Tout cela pour faciliter la descente du bébé. Durant tout ce temps, les femmes la soutenaient en lui tenant les mains et en pressant son ventre pour aider l’enfant à sortir. L’accoucheuse se tenait derrière l’accouchée. La présentation considérée comme normale était celle qui faisait apparaître l’enfant sur le dos. Quand l’enfant se présentait, l’accoucheuse attrapait le bras droit de l’enfant pour qu’il soit droitier puis son pénis, s’il s’agissait d’un garçon, pour qu’il ne se rétracte pas en se fendant, auquel cas l’enfant serait un arnaruqtuq (garçon manqué). Ensuite elle devait sectionner le cordon ombilical avec une lame de pierre et le nouer avec du fil de tendons de caribou et une petite aiguille en défense de narval. Ces deux gestes étaient considérés comme une première intégration de l’enfant à la société en même temps qu’elle le séparait, symboliquement de sa mère. L’accoucheuse nettoyait ensuite le nouveau-né avec une dépouille d’oiseau : perdrix des neiges, corbeau, harfang des neiges en hiver et au printemps ; un oiseau migrateur aquatique comme le canard en été. L’accoucheuse nettoyait ensuite le nouveau-né avec une dépouille d’oiseau : perdrix des neiges, corbeau, harfang des neiges en hiver et au printemps ; un oiseau migrateur aquatique comme le canard en été. Cet oiseau était sensé le protéger dorénavant et on fabriquait une amulette pour l’enfant avec la peau utilisée. Cette accoucheuse jouait un rôle important dans la vie de l’enfant. Le cadeau qui lui était offert pour « le nouage du cordon ombilical » (qillaqut) était le premier d’une longue série car l’enfant devenait son angusiaq ou son arnaliaq (le mâle, la femelle que tu as fabriqué(e). On observait aussi le temps qu’il faisait - puisqu’une petite quantité d’atmosphère était emprisonnée dans le corps de l’enfant - et on en déduisait le caractère de celui-ci (ombrageux, gai, etc.). Les caractéristiques météorologiques de ce jour-là se retrouvaient aussi lors des moments importants de sa vie et le jour de sa mort. Après la délivrance, le placenta, qui était considéré comme un double de l’enfant et pour cela appelé arraaq (« mon second, celui qui me suit »), était cousu dans une peau de caribou et enterré pour que les chiens ne le dévorent pas. Etaient enterrées également les peaux ayant servi à l’accouchement. Le confinement L’accouchée était considérée comme taboue. Elle était confinée, pour une période pouvant aller de quatre à six semaines, dans une tente spécifique appelée Kinirvik. Celle-ci, plus spacieuse que celle de l’accouchement, permettait d’y faire la cuisine car il était interdit à la femme qui venait d’accoucher et qui avait des saignements de manger de la nourriture crue. C’était l’accoucheuse ou, à défaut, une autre femme ménopausée qui pourvoyait à cette fonction. Les relevailles Lorsque la femme était autorisée à reprendre les relations sexuelles avec le père du bébé, elle devait, la première fois, prélever du sperme qui s’écoulait de sa vulve et en enduire le corps de son enfant afin de le renforcer. L’allaitement durait environ trois ans. La nomination On attribuait à l’enfant le nom d’un ancêtre mort. Il arrivait aussi qu’une personne d’un certain âge demande que son nom soit attribué à un nouveau né qui devenait alors son sauniq, c’est-à-dire son homonyme (le mot veut dire « os »). Cette pratique se perpétue de nos jours. En fait, la croyance veut que ce soit la personne décédée qui ait choisi de se réincarner dans le corps de ce nouveau-né. Les ancêtres sont ainsi toujours présents dans la communauté et respectés au travers des enfants (d’où une pédagogie basée sur l’exemple et non sur la remontrance). Au moment de la christianisation des Inuit, les prêtres et les pasteurs leur attribuèrent des prénoms chrétiens que les anglicans empruntèrent à la bible et les catholiques au catalogue des saints. Plus tard, dans les années 1970, il fut décidé par les autorités politiques d’attribuer aussi patronyme aux Inuit. Il semble que cela ait eu lieu dans une certaine confusion. Toujours est-il qu’aujourd’hui, dans la vie courante, c’est toujours le nom personnel qui prévaut, le nom de famille étant réservé à la vie administrative. Un troisième sexe
La personne décédée n’appartenait pas toujours au même sexe que l’enfant dans lequel elle se réincarnait, d’où la pratique d’élever un garçon comme une fille ou une fille comme un garçon. Ces pratiques, qui distinguent le sexe social – ce qu’on appelle aujourd’hui le genre - du sexe physique, cessaient à la puberté. Le fils redevenait un garçon, la fille cessait de l’être et ceci au moment où chacun allait devoir participer au processus de reproduction de la vie et de la société en y prenant la place que son sexe d'origine semblait lui destiner ».
Le don d’enfants et l’infanticide
Le don d’enfants était une pratique traditionnelle chez les Inuit, le plus souvent, pour pallier les manques. Un jeune garçon pouvait être donné à un chasseur sans enfant mâle, une fille à la grand-mère restée veuve. Que le père ait besoin d’un fils est d’ailleurs l’une des explications de l’infanticide des filles qui fut longtemps pratiqué, la naissance de l’une d’elles retardant une nouvelle grossesse de 5 à 6 ans puisque la coutume voulait qu’une femme attende que son dernier-né soit suffisamment autonome pour enfanter à nouveau. Souvent aussi, si l’on jugeait l’enfant menacé d’un danger quelconque (maladie, sort…), il était donné symboliquement en adoption pour tromper le destin.
Les naissances aujourd’hui, au Nunavik
Le Nunavik (« La terre où vivre »)
Ce n’est ni une province, ni un territoire mais une entité administrative, à l’intérieur de la province de Québec, née de la Convention de la Baie James et du Nord Québécois en 1975. Cette région, au nord du 55e parallèle, appelée jusqu’à cette date le Nouveau-québec avait été adjointe au territoire québécois en 1912. Sa superficie est de 563 515 km² (à peu près comme la France), ce qui constitue 1/3 du Québec. Les températures y sont de 10 à 15° en été, – 10 à -40°en hiver. La végétation est celle de la Taïga à l’intérieur et de la toundra au nord et sur le littoral.
Ce territoire compte 14 villages installés le long des côtes de la baie d'Hudson et de la baie d'Ungava. La population, qui a crû de 350 % en 40 ans, a atteint entre 10 000 et 11 000 habitants, dont 90 % sont Inuit.
La prise en charge médicale
La prise en charge de la santé a beaucoup évolué au Nunavik au cours du siècle dernier. Avec des succès inégaux car le rationalisme cartésien de la médecine occidentale s’accommode mal des façons de faire empreintes de la conception animiste qui structure la pensée inuit. Mais ce que l’on qualifiait naguère, non sans mépris, de pratiques magiques est perçu aujourd’hui comme une spiritualité agissante dont on reconnaît la rationalité sous-jacente. Bien avant le développement de la médecine psychosomatique, les Inuit avaient mis en avant toute la complexité de la relation corps-esprit. Et devant la médicalisation grandissante de l’accouchement, des voix – pas seulement inuit d’ailleurs– s’élèvent pour replacer naissance et maternité dans le symbolique et le social.
En 1975, la Convention de la Baie James et du Nord québécois a créé les premiers conseils autochtones indépendants de services sociaux et de soins. Aujourd’hui, les services de santé publique sont gérés dans les communautés inuit du Québec, via un bureau régional, par la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuit du Canada. Les programmes sanitaires sont exécutés par l'entremise, notamment, de la Direction des programmes communautaires. Les jeunes femmes vont accoucher à Puvirnituk si elles vivent sur la Baie d’Hudson ou à Kuujuaq, si elles sont de la Baie d’Ungava.[2] 80 % des naissances ont ainsi lieu au Nunavik. Quel que soit le lieu, l’acheminement s’effectue en avion, deux mois avant l’accouchement et les futures mères logent dans des maisons de transit. Une différence notable cependant : la grande majorité des femmes de la Baie d’Ungava accouchent avec l’aide d’un médecin alors que près de trois femmes sur quatre de la Baie d’Hudson utilisent les soins d’une sage-femme.
[2] Salluit (qui est attribué à la Baie d’Hudson) marque la séparation entre les deux baies. Kangiqsujuaq est le dernier village au nord-est à dépendre de l’hôpital de Kuujuaq.
Caractéristiques de l’accouchement au Nunavik comparées à celles de l’ensemble du Québec :
- Le taux de grossesses adolescentes est de quatre à cinq fois supérieur au taux québécois et, chaque année, près du quart des femmes qui accouchent ont moins de 19 ans. - 58% des femmes accouchent avec un médecin (99% dans l’ensemble du Québec). - Les naissances sont moins médicalisées et moins provoquées. Ainsi, on dénombre 3,6% de césariennes (17,3% au Québec), 1,6% d’utilisation de forceps ou ventouse (15,8% au Québec), 4,9% d’épisiotomie (33,4%°au Québec). - Les problèmes au moment de l’accouchement sont relativement rares, tout comme les bébés de faible poids. - Les femmes quittent plus vite l’hôpital : 19,3% deux jours après l’accouchement (4,7% au Québec) ; - En revanche, elles sont davantage à être réhospitalisées dans les trois mois qui suivent : 3,7% (1,9% au Québec).
L’adoption Elle concerne aujourd’hui 20% des naissances, prolongeant une coutume si ancrée que ses modalités actuelles diffèrent notablement des règles prévues par les lois d’adoption des autres provinces et territoires du Canada. La Convention de la Baie James et du Nord québécois, au chapitre 3, paragraphe 3.1.6 a reconnu l’adoption coutumière comme un droit ancestral protégé par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Cette adoption est basée sur l’entente des parents – biologiques et adoptifs – sans égard pour les délais prévus en matière de consentement, ni pour le principe de confidentialité. Souvent, tout se passe avant la naissance. *** Comme beaucoup de peuples autochtones, les Inuit ont vu leur culture ancestrale, combattue par l’éducation « moderne », l’endoctrinement religieux, une politique injuste et une économie aveugle. Elle est redécouverte aujourd’hui, séduisant par son originalité, son « exotisme » aussi, d’où la tentation de la confiner dans une tradition intemporelle, hors de toute perspective historique. Pour leur part, les Inuit revendiquent, le droit à la modernité, celui de bénéficier de conditions de vie plus faciles, des progrès thérapeutiques, d’une mobilité plus grande permettant l’ouverture aux autres. Mais ils reprennent l’initiative quant à l’aménagement de leur propre modernité en réhabilitant les savoirs acquis au cours des siècles, qu’ils entendent articuler aux nouvelles avancées scientifiques, techniques et technologiques. Les femmes inuit n’accoucheront jamais plus dans un igloo mais elles considèrent que c’est sur place, entourée notamment de femmes qui parlent leur langue et respectent une spiritualité venue du fond des âges, que leurs enfants doivent naître. A la différence de ce qui leur fut un temps imposé, seules celles qui présentent une grossesse à risques sont aujourd’hui transférées à Montréal. Mais rien n’est joué car l’acculturation des Inuit n’est pas définitivement écartée et il leur faut encore sortir de l’état actuel de coexistence des approches dites « modernes » et traditionnelles » pour contribuer, par une mutualisation des compétences, à la construction universelle du savoir.
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Pour aller plus loin :
Les INUIT, Savoirs et vie quotidienne, textes Monique Pontault, chroniques Louis Caron, photographies François Poche, avec une préface de Catherine Clément, éditions PFP, 2006. Ouvrage paru sous le Haut patronage de l’Organisation internationale de la francophonie et de l’institut culturel inuit de Montréal Avataq.
Disponible en France, à Paris (Musée du Quai Branly, Librairie du Québec, Cité des sciences et de l’industrie, Galerie d’art inuit Saint-Merri, BHV…) en banlieue (librairie Mille pages à Vincennes…), en province (Maisons de la presse à Megève, Sallanches… librairies Decitre à Annecy, Grenoble, Lyon…, librairie Privat d’Angoulême, l’Aquarium et librairie Calligramme de la Rochelle, Maison Champlain à Brouage, librairie Gibert à Poitiers…) - au Québec (réseau des librairies Archambault et Renaud Bray) - en Suisse (librairie Bernard Letu à Genève, librairie de l’Anthropole à Lausanne)
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