Pharmacopée et spiritualité 

 

 

                                                                                                                                                                Monique Pontault

                                                                                                                                                             Chercheur indépendant

                                                                                                                                                                                   © 2009

   L’iboga et le Bwiti

 

      L'iboga (Tabernanthe iboga) est un petit arbuste pouvant atteindre 1,50 à 2 m de hauteur, que l'on le trouve en forêt tropicale (Cameroun, Congo, et Gabon).

 

Arbuste d'iboga

 

Tabernanthe  iboga

 

 

 

Règne

Plantae

Classe

Magnoliopsida 

Ordre

Gentianales 

Famille

Apocynaceae

Genre

Tabernanthe

 

Les racines de cet arbuste contiennent 12 alcaloïdes dont l'ibogaïne qui, à faibles doses, a des effets psychostimulants et euphorisants, à forte doses des effets hallucinogènes et la Tabernanthine qui agit également sur le système nerveux.

 

Les Pygmées d’Afrique équatoriale consomment ces racines, en les mâchant ou en les réduisant en poudre, depuis au moins deux mille ans, comme le prouvent les traces conservées dans des charbons de bois. La raison en fut sans doute tout d’abord le pouvoir stimulant de cette plante appréciable pour des chasseurs (elle intensifie les perceptions et accroît la résistance à la fatigue) avant que cet usage – du fait des visions engendrées – ne se ritualise et donne lieu à un culte spécifique.

 

L’utilisation rituelle et médicinale  du « Bois sacré » fut ensuite reprise par les Apinjis qui vivaient au contact des Pygmées, puis par les Simba, les Mitsogho, les Masango… et enfin les Fang qui pratiquaient le culte des Ancêtres (Byéri). Le Christianisme apporta aussi son empreinte, et même la franc-maçonnerie. De tous ces apports naquit une religion synchrétique : le Bwiti, qui se divise actuellement en deux branches : dissumba et misoko.

 

 

 

Préparation de l'iboga

 

 

L'Occident a tout d'abord reconnu la valeur thérapeutique de l'iboga. En 1939, un tonique, composé d'extraits secs de la plante, fut même commercialisé sous le nom de "Lambarène" - en l'honneur du Dr Schweitzer qui appréciait les vertus stimulantes de l'iboga. Il fut aussi employé comme anti-dépresseur, notamment aux Etats-Unis.

 

Toutefois, les propriétés hallucinogènes de l'iboga ne sont pas sans danger quand il est utilisé inconsidérément. Il faut insister sur le fait que, dans la religion Bwiti, l'iboga n'est consommé à hautes doses que dans le cadre cérémoniel. Le Banzi (initié), à qui il est administré est pris en charge par le groupe d'un bout à l'autre du rituel après avoir y avoir été soigneusement préparé. Par ailleurs, l'iboga est rapidement éliminé de l'organisme et n'entraîne pas de dépendance physique (ni ne procure du plaisir, car son goût est particulièrement désagréable). Il n'en reste pas moins que l'iboga a parfois été utilisé comme dopant ou comme drogue et que son action est encore mal connue à ce jour.

 

Toujours est-il que leLambarène disparut du marché vers 1966. L’ibogaïne est interdite comme produit dopant par le CIO et  et l'Union internationale du cyclisme depuis 1989 et en France, l'arrêté du 12 mars 2007 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 classe désormais l’iboga et l’ibogaïne comme des stupéfiants, en interdisant l’usage.

 

Au Gabon, toutefois, l’iboga est classé patrimoine national et, en plus de son usage rituel, utilisé en décoction par les tradipraticiens contre les coliques, l'asthénie physique et intellectuelle.

 

Et les scientifiques poursuivent les recherches. Les expériences en cours tendent à démontrer que l’iboga, en plus d’être un stimulant neuro-musculaire et un hypotenseur, se révèle  efficace pour supprimer les dépendances à l’alcool et aux drogues dures (cocaïne et héroïne), l’ibogaïne agissant sur les récepteurs NMDA et sur le système dopaminique.

 

Pour mieux comprendre le Bwiti, inséparable de l'iboga :

 

           Suivre le lien sur ce site

 

            Lieux d’initiation

 

            Lire

 

Bokayé ! Essai qur le Bwiti fang du Gabon de René Bureau, éd. L’Harmattan, coll. « Connaissance des hommes », 1996.

La guérison divine en Afrique centrale, Congo, Gabon de Joseph Tonda et André Mary, éd. Karthala, coll. « Hommes et sociétés », 2003.

Le miroir et le crâne. Parcours initiatique du Bwete Missoko (Gabon) de Julien Bonhomme, CNRS Éditions – Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 2005.

Paroles d'un enfant du bwiti, les enseignements d'Iboga, de Marion Laval-Jeantet, éd. L’Originel, 2005 et, du même auteur : Iboga, invisible et guérison, éd. CQFD, 2006.

 

Voir

 

Les documentaires Le bois sacré (1995)  et La nuit du Bwiti (1997) de Jean-Claude Cheyssial.

 

Contacter, via son site internet 

 

L’ association Nature - Culture Ebando, ONG basée en République gabonaise qui a pour objectif d'aider à connaître les ressources naturelles et culturelles des terres et des peuples de la forêt d'Afrique centrale. http://www.ebando.org/" target=?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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