
Qu’appelle-t-onsavoirs traditionnels ?
Ce sont ces savoir-faire anciens liés à un environnement et à une culture, transmis le plus souvent oralement, et que l’on appelle aussi savoirs locaux, savoirs endogènes, savoirs indigènes. Ebanza s’appuie sur la définition de l’Unesco (Projet Links) :
« Les savoirs locaux et autochtones » désignent les ensembles cumulatifs et complexes de savoir, savoir-faire, pratiques et représentations qui sont perpétués et développés par des personnes ayant une longue histoire d'interaction avec leur environnement naturel. Ces systèmes cognitifs font partie d'un ensemble qui inclut la langue, l'attachement au lieu, la spiritualité et la vision du monde. Nombreux termes différents sont utilisés pour désigner ce savoir, dont par exemple : - savoir écologique traditionnel (TEK) - savoir autochtone (IK) - savoir local - savoir de personnes rurales/d'agriculteurs - ethnobiologie/ethnobotanie/ethnozoologie - ethnoscience - science folklorique science autochtone
Rappelons au passage que, dans sa Déclaration universelle sur la diversité culturelle[1], l’Unesco engage les Etats-membres à « […] Respecter et protéger les savoirs traditionnels, notamment ceux des populations autochtones […] et favoriser des synergies entre la science moderne et les savoirs locaux ».
Les savoirs traditionnels aujourd’hui
Quelle place accorder aux savoirs traditionnels locaux dans le contexte de la mondialisation des connaissances et de l’uniformisation des cultures engendrées par le formidable développement des technologies de l’information et de la communication ? Comment concilier universalité du savoir et diversité des pratiques en contribuant au développement durable de la planète ? C’est à cette réflexion qu’Ebanza vous convie en proposant d’ores et déjà quelques pistes de recherche :
Education (formelle, non formelle, informelle, langues) Santé physique et mentale (pratiques touchant à la naissance, à la maladie et à la mort, pharmacopée) Ecologie et développement (connaissance et gestion de l’environnement) Droit (droit législatif et droit coutumier))
Pour chacune de ces pistes il faudra repérer et analyser :
- les normes et modèles (anciens et nouveaux) en matière de reconnaissance des compétences ; - les attitudes et comportements par rapport aux pratiques ; - les lieux d'exercice des pratiques ; - les modes de transmission du savoir.
Bien évidemment, devra être pris en compte le cadre dans lequel s’inscrivent ces savoirs : les liens sociaux qui structurent la société concernée (parenté et réseaux de solidarité) et ses représentations symboliques (du monde, du sacré, du pouvoir, du savoir).
D’une part les systèmes de connaissance sont différents selon les cultures (oral/écrit), d’autre part les pratiques sont difficilement dissociables du système culturel dans lequel elles prennent place (mythes et rites). Autre difficulté majeure : il s’agit d’articuler recherches formelles et connaissances informelles. Autrement dit, instaurer une véritable dialectique entre pratique (visant à l’efficacité) et théorie (visant à expliquer).
L’objectif est donc, non seulement de reconnaître les spécificités et les patrimoines locaux mais de désenclaver ces savoirs endogènes sans les piller ni les dénaturer, en veillant à déjouer le piège identitaire par la prise en compte des mutations en cours. Contributions
Ebanza examinera avec la plus grande attention les contributions répondant à cet objectif, sous forme d’essais ou de témoignages, et publiera sur son site celles qui seront sélectionnées. Ces contributions ne devront pas excéder une dizaine de pages (photos bienvenues), mais elles pourront renvoyer à une étude plus exhaustive, un article, un organisme, une association, ou un site internet.
[1] 2 novembre 2001. |
| Savoirs traditionnels |
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